Un adolescent qui tue un adolescent, c’est le signe des clivages d’une société qui se  » découd »

Le SNES-FSU, a publié un texte à  la suite du meurtre d’un lycéen, sur la commune des Abymes en Guadeloupe, tué à  la sortie des cours par un adolescent du même âge déscolarisé, pour – semble-t-il – un téléphone portable. Le syndicat met l’accent sur l’absence de suivi des élèves décrocheurs entre la 3em et la 2d, des centaines chaque année en Guadeloupe. 34% d’une classe d’âge sort du système scolaire sans qualification. La FSU Guadeloupe est choquée par le meurtre d’un adolescent de 15 ans à  la sortie du LPO Chevalier de Saint-Georges par un autre adolescent du même âge. Notre organisation syndicale partage la douleur de la famille et interpelle ce jour les représentants de l’Etat( Le Préfet de la Guadeloupen le recteur de l’Académie de Guadeloupe, la Directrice territoriale PJJ Guadeloupe) ainsi que les représentants des collectivités régionales et départementales pour qu’une telle situation ne puisse plus jamais se reproduire.

Ce drame met en lumière une réalité inacceptable : le clivage entre une élite qui réussit et une jeunesse abandonnée, en plein désarroi. Les jeunes en difficulté pris en charge par la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse) sont souvent exclus des dispositifs de formation de droit commun et ont des parcours de rupture et/ou d’échecs répétés. Leur accès à  l’emploi est extrêmement difficile, surtout pour les plus jeunes et les moins qualifiés. La FSU Guadeloupe note le dispositif immédiat de 70 gendarmes mobiles déployés en urgence, ainsi que le dispositif sécuritaire proposé par le président de Région. La FSU affirme que l’axe sécuritaire ne résoudra pas à  lui seul cette escalade de violences. Pour la FSU, la délinquance juvénile en Guadeloupe est la résultante d’une situation économique, sociale très dégradée (chômage, échec scolaire massif, addictions nombreuses, nombreuses familles paupérisées et bénéficiaires RSA, difficulté de logement, santé mentale fragilisée et non prise en compte…

Par conséquent, il est de la responsabilité de l’Etat, parallèlement à  celle des collectivités locales, de développer une politique ambitieuse de réinsertion sociale et professionnelle en faveur des plus fragilisés et précarisés. Comment comprendre que le RSMA, dispositif de formation professionnelle d’Etat, n’accepte plus les jeunes confiés à  la PJJ ? A la Région, l’offre de formation professionnelle en faveur des jeunes en grande difficulté est inadaptée et devient alors inaccessible. Exemple, E2C (école 2ème chance).

A la PJJ, l’insertion est également bien malmenée et reste paradoxalement, le parent pauvre, parmi tous les dispositifs au regard de notre contexte socio économique sinistré. Les moyens humains et matériels manquent (professeur-es techniques insuffisants, pas d’ateliers techniques, outils informatiques obsolètes, absence d’internet, budget étriqué, activités réalisées au coup par coup, sans garantie de pérennité…)

Qu’en est-il du partenariat entre la PJJ et l’Education Nationale pour les jeunes déscolarisés, ou décrocheurs ? La sécurité aux abords des établissements scolaires doit être revue. Le quartier de Baimbridge (3 lycées et deux écoles) est connu pour être un espace sensible depuis de très nombreuses années. Il est nécessaire que des forces de l’ordre y patrouillent quotidiennement pour sécuriser l’entrée et la sortie des élèves. Cela signifie la demande de création d’urgence de forces de police nationale et/ou de gendarmerie, pour sécuriser l’ensemble des établissements scolaires de l’académie. Face à  la violence à  laquelle la région fait face, il faut abandonner les dispositifs co ûteux et inutiles qui ont été parfois déployés (portiques électroniques, caméras de vidéosurveillance) sans aucun résultat pour les remplacer par des moyens humains de surveillance dans les établissements scolaires, installations sportives utilisées pour l’EPS comprises.

Peut-on se targuer des chiffres de reussite au bac

quand tant de jeunes sont laissés au bord du chemin
?

Cependant, la sécurité ne peut pas être le seul levier d’action. Notre organisation syndicale constate, à  son plus grand désarroi, que l’auteur présumé des faits, est un adolescent de 15 ans, qui était scolarisé jusqu’en mai dernier dans un collège des Abymes. La scolarité étant obligatoire jusqu’aux 16 ans révolus pour tout enfant sur le territoire de la République, comment expliquer la déscolarisation de cet enfant ?

La FSU Guadeloupe demande des moyens d’urgence pour assurer le suivi des élèves décrocheurs. Chaque année, notre organisation syndicale dénonce les centaines d’élèves qui disparaissent du système scolaire entre la classe de 3ème et la classe de 2nde. Il est urgent que cette situation choquante soit prise à  bras le corps par l’administration pour recenser d’une part l’ensemble des élèves qui risquent de se trouver dans cette situation alarmante, et d’autre part, créer les postes de personnels formés et titulaires pour suivre et accompagner ces élèves en situation de détresse. On ne peut se targuer de résultats extraordinaires au baccalauréat tout en sachant que des centaines d’élèves sont laissés au bord du chemin de la réussite éducative.

La PJJ, service public d’Etat doit être doté de moyens ambitieux (éducateurs, psychologues, psychiatres, lieux d’hébergement diversifiés, service d’insertion véritable …)

Nous exigeons des orientations adaptées aux réalités du territoire conforté par l’expérience des professionnels pour mener à  bien ses missions de prévention, de protection et d’éducation de la jeunesse en difficulté en Guadeloupe. La FSU Guadeloupe déplore une nouvelle fois le taux de chômage gigantesque dans notre archipel et en particulier pour les 18-24 ans. Ce chômage endémique et la pauvreté qu’il entraîne sont des facteurs de violence. Notre organisation syndicale demande la mise en place d’un plan d’urgence socioéconomique pour permettre la création d’emplois pérennes, pour renverser les indicateurs catastrophiques qui plongent notre région dans une spirale négative.

Alors que 34% d’une classe d’âge sort du système scolaire sans qualification, la FSU réclame un suivi de terrain pour que ces jeunes ne soient pas abandonnés.

La FSU Guadeloupe réitère sa demande que l’ensemble de l’académie soit classée en éducation prioritaire, pour permettre de créer les centaines de postes d’enseignants nécessaires à  la réussite des élèves. Il faut par ailleurs recruter en nombre des psychologues, spécialisés dans la prise en charge élèves en difficulté, des personnels encadrant au sein des établissements scolaires. Il faut développer les services de santé dans les EPLE, ainsi que les assistantes sociales pour répondre aux besoins académiques. La jeunesse guadeloupéenne a besoin qu’on lui offre un avenir, et particulièrement celle en difficulté qui ne doit pas être mise à  l’écart, ni stigmatisée. C’est à  ce prix que le cycle de la violence s’enrayera.

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Guillaume Marsault 0690.92.20.14

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