Les élus de la Guadeloupe réunis en congrès les 8 et 9 décembre 2011 sont condamnés à élaborer un projet de société en temps de crise et dans l'urgence. Ils s'y prennent tard pour " penser" leur pays et dégager la vision qu'ils en ont. Pourquoi ? Peut-être parce qu'ils n'ont jamais eu de vision ni assez d'ambition. Dur à entendre. Mais c'est ce qu'a déclaré Alain Plaisir, président du Cippa ( comité d'initiative pour un projet politique alternatif) lorsqu'il est monté à la tribune du congrès.
Projet de société
en temps de crise
" La plupart des élus ici présents, n'ont pas su, en plusieurs décennies, faire reculer le chômage, initier un développement économique du transport, du logement, de la formation des jeunes, du traitement des déchets, de la montée de la précarité", a déclaré le président du Cippa.
"Par refus idéologique d'examiner d'autres solutions que celles acceptables par un assimilationnisme béat, vous vous êtes rendus impuissants à enrayer la montée de la délinquance et de la violence. Inerte face au scandale du chlordécone, vous avez été les complices de la défiscalisation, c'est à dire d'une scandaleuse injustice fiscale, et vous vous êtes faits les complices de la pwofitasyon, c'est à dire d'une scandaleuse injustice sociale."
"Quoi de pire pour un politique que le manque d'ambition pour son pays ?"
La charge est lourde.
Le projet du Cippa sur lequel revient ensuite Alain Plaisir est la conquête du marché intérieur et une "consommation économe en ressources importées". Ce projet alternatif ne peut exister qu'avec un changement de statut et un " compromis avec l'Etat" reposant sur le partage des compétences entre celles qui reléveraient de la nouvelle collectivité guadeloupéenne et celle que l'Etat français continuerait d'assumer. Reste à convaincre les Guadeloupéens qu'un tel projet est possible et se faire entendre face aux lobbies de l'importation et de la consommation effrenée. Ce ne sera pas facile, mais l'imprévision des politiques passées jouent aussi en faveur d'une alternative.
Les élus discutent d'un projet de société sans, à ce jour de propositions concrétes.
A travers les mails qui nous arrivent sur ce site on pourrait leur proposer la réalisation de deux projets qui figurent parmi les droits fondamentaux de l'humanité et qui ne sont pas satisfaits totalement en Guadeloupe. L'accés à l'eau et l'accés à la culture.
Instaurer un tarif unique de l'eau et une égalité de traitement entre tous les Guadeloupéens serait un minium. C' est loin d'être le cas actuellement, pour des raisons de rivalités politiques justement, dont le citoyen au fond n'a que faire. Les élus sont à son service, à eux de mettre d'accord, sinon ...".
L'illettrisme touche 25% de la population. Ce n'est pas admissible. L'Etat subventionne quelques actions, mais ce n'est pas suffisant. Quid du soutien scolaire dans le,primaire pour les enfants les plus en difficultés qui arrivent en sixième sans savoir lire ? Quid de la lecture publique ? Des bibliothéque existent certes, mais des murs ne suffisent pas, il faut impulser des actions de sensiblisation à l'écrit, créer une dynamique qui repose souvent sur quelques individualités sans travail de fond à long terme.
L'autosatisfaction n'est pas mise en temps de crise. D.L