Une jeune femme issue d'une famille de Békés, riche et très connue en Guadeloupe, passait devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre, pour conduite sous l'emprise d'alcool et de cocaïne, pour rebellion contre gendarmes et pour injures racistes. Lors de l'accident de la circulation qu'elle a provoqué en octobre 2011, elle a accueilli les secouristes en les traitant de "sales négres" et en leur interdisant de la toucher. La Guadeloupe attendait la justice au tournant.
Alcool, cocaïne
et propos racistes
L'affaire pouvait-elle être étouffée ou tout au moins atténuée comme " au bon temps des colonies" quand la justice était entièrement aux ordres des pouvoirs en place ?
Mis en délibéré le tribunal a rendu sa décision le 24 avril 2011. Sylvie Hayot est condamnée à 8 mois de prison avec sursis avec une mise à l'épreuve de trois ans, à 10 mois de suspension de son permis de conduire et à deux amendes totalisant 3500 euros. Le jeune femme est par ailleurs condamnée à payer à chacun des quatre pompiers agressés 1 euros de dommage et intérêt.
L'affaire n'a pas été étouffée et le tribunal est allé au-delà des réquisitions. Comme l'a indiqué à la presse, l'avocate des pompiers, Me Sarah Aristide: " Cela a un sens."
L'ombre au tableau est que le délit d'injures raciales n'a pas été retenu pour erreur de procédure imputable au parquet. Une négligence sur laquelle l'avocate s'interroge, " c'est quand même le b.a - b.a du métier" dit-elle; et sur laquelle le LKP ne s'interroge pas : pour le mouvement d'Elie Domota, la justice a voulu éviter le débat sur le caractère racial de l'affaire. Ce débat devant un tribunal aurait effectivement été intéressant .
Alors qu'en penser ? Les vices de procédure depuis qu'il y a des tribunaux ont toujours existé, celui-ci tombe mal, ou tombe bien pour ceux qui veulent éviter d'aborder de front les questions qui fâchent.
Pour compenser l'erreur du parquet, le tribunal n'a pas atténué les condamnations, c'est un avertissement sérieux pour la jeune femme qui devra réfléchir à deux fois avant de mélanger alcool et cocaïne. Elle devra aussi réfléchir à ses pulsions: si l'alcool et la drogue désinhibent, que faut-il en conclure sur un inconscient ici révélé ?
L'affaire a fait les gros titres de la presse locale, elle était si grave que le nom de la condamnée n'a pas suffit à l'étouffer ni à la minimiser. Ce nom au contraire en gros caractères à la une de France-Antilles, le quotidien local, est devenu un argument de vente. Signe d'un temps, qui n'est plus exactement celui des "colonies". Un autre temps, une autre histoire toujours pas achevés ...