Steve Gadet dit Fola : « Je vote pour la liste conduite par Alain Plaisir car le pays a besoin de protection… »

Le vent a tourné, les temps ont changé et le covid est passé par là. La Guadeloupe et la Martinique vivent une campagne et vont vivre des élections régionales que je crois cruciales. Leurs résultats auront des répercussions sur les 5 ou 10 ans à venir voir plus. Nos pays ont besoin d’une feuille de route politique innovante, un programme chiffré avec des actions qui n’ont jamais été entreprises avant. Il nous faut un tournant radical avec d’autres pouvoirs. Sans alternative crédible et enthousiasmante, l’abstention sera aussi haute qu’il y a 5 ans. C’est l’un de nos plus grands défis parce que la confiance des électeurs guadeloupéens et des électrices guadeloupéennes dans la classe politique est très faible. Par conséquent, comment croire que le peuple guadeloupéen va octroyer plus de pouvoir à une classe politique qu’il ne respecte plus ?
Nous nous retrouvons devant deux scénarios possibles.
– Soit le peuple guadeloupéen porte un responsable politique sorti du sérail et qui aura su dire aux gens ce qu’ils veulent entendre sans être prêt à changer de modèle.
– Soit, dans le meilleur des cas, le peuple guadeloupéen porte aux affaires une liste qui ne l’a jamais été mais qui est prête à écrire l’inédit.

C’est la raison pour laquelle je milite depuis quelques années pour que le changement de cadre politique proposé par la liste En avant pour l’alternative conduite par Alain Plaisir devienne effectif. J’aime l’humanisme de ce projet porté par Alain Plaisir, son intelligence, sa fierté sans flatter les bas instincts identitaires des guadeloupéen.ne.s. L’homme est connu pour son pragmatisme mais également pour sa lecture pertinente du passé, du présent et du futur de la Guadeloupe. De préférence avec des chiffres précis et surtout des livres, des écrits qui défendent cette vision. C’est rare. Une constance aussi qui frappe n’importe quelle personne qui observe le débat politique depuis plus de 10 ans.
Ce programme qui préconise le statut de Pays autonome dans le cadre de la République Française et l’Europe sans pour autant les subir, ce programme retient mon attention. Un programme basé sur la reprise en main de notre économie, l’ajustement des outils politiques à notre désir d’avenir, la curiosité intellectuelle, le respect de la vie des idées, l’estime de nous-mêmes et la rigueur dans la gestion des affaires publiques.
Le changement ne vient pas en se décrétant
En ces temps d’incertitude, les deux scénarios sont possibles parce que les gens aspirent à vivre mieux mais ils ne veulent prendre aucun risque si cela devait remettre en cause le peu de stabilité qu’ils ont. On comprend bien cela.
Ceux qui veulent tout changer doivent arrêter de parler des autres. Ils doivent prendre le temps de nous expliquer comment ils comptent faire. Ils ont l’obligation de mettre sur la table les voies et les moyens de leur projet pour le pays. Au lieu de simplement dresser des constats et nous expliquer comment les temps ont changé, ce que tout le monde a bien compris, ils doivent prendre le temps d’expliquer leur propre vision des choses. Prendre le temps d’expliquer veut dire aussi prendre le temps d’écrire plus que des tribunes pour réagir mais écrire leur projet noir sur blanc de façon à ce que d’autres personnes comprennent un peu mieux pour soit les rejoindre soit amender leur vision.
Ce projet noir sur blanc est aussi une façon d’alimenter une meilleure vie démocratique. Si leur projet est noté, on pourra ainsi mieux leur demander des comptes. Le changement ne vient pas en se décrétant. Le changement ne vient pas non plus en étant exclusif. Soit se tourner vers l’avenir ou soit se tourner vers le passé. Le raisonnement intellectuel nous demande justement d’être nuancé.
Les économistes doivent garder un peu d’humilité lorsqu’ils prennent part au débat public parce que justement l’analyse d’une situation, d’un fait économique, dépend de l’endroit où on se place. Elle dépend aussi des circonstances. L’économie n’est pas une science exacte donc il nous faut plus de diversité de points de vue. Les docteurs doivent être prêts à s’appliquer à eux-mêmes les remèdes qu’ils veulent prescrire au pays. Du haut de leur stabilité économique et de leur CDI, ils nous demandent d’avancer sans protection dans une économie libérale qui ne profite qu’à certains groupes. Le miracle asiatique n’a pas eu lieu grâce aux économistes. Il a eu lieu grâce à des ingénieurs, à des juristes et à une dose de protectionnisme, d’intervention de la force publique.

La technique doit être au service d’un projet de société et pas le contraire
Nous ne sommes pas des attardés parce que nous refusons de vivre dans une économie où les machines avalent le travail des êtres humains. La technique doit être au service de notre projet de société et pas le contraire. Ceux qui ne comprennent pas que notre pays, notre économie et nos compatriotes ont besoin d’être protégés font partie des élites qui ne ressentent pas la morsure de la mondialisation. Mais heureusement, le dernier mot, ce sont les électeurs et les électrices qui l’ont dans l’isoloir. Le vent est en train de tourner. Notre système de soins doit être protégé. Qu’on se le dise sans tabous : l’immigration est une chance pour notre pays vieillissant à condition qu’elle soit bien administrée et que nos zones côtières soient mieux protégées. Qu’elles ne soient pas des endroits où la misère des immigrés est exploitée. A condition aussi que les personnes qui viennent vivre et travailler chez nous fassent vivre l’économie et payent des impôts pour les services publics dont ils bénéficient.
Notre production locale a besoin d’être protégée dans un monde où les multinationales n’ont pas peur de défier les gouvernements. Comment accepter un jour de plus que notre production locale soit éjectée de notre marché intérieur par des produits venus d’ailleurs et par une concurrence qui n’a pas les mêmes pressions sociales et fiscales que nos entrepreneurs ? En économie, il y a des perdants et des gagnants. Dans ce modèle, le développement de notre capacité à produire n’est pas gagnant. Cela veut aussi dire que pendant que l’argent de nos importations conforte l’emploi là où il est envoyé, il ne fait pas baisser le taux de chômage chez nous.
Nous devons être en sécurité dans l’espace public et dans nos maisons. Les criminels doivent recevoir un signal fort et pour cela les forces de l’ordre doivent être renforcées sur le terrain. Les policiers sur le terrain doivent avoir plus de moyens. Dire cela ne veut pas dire ne pas faire de prévention de la délinquance ni de réinsertion pour les personnes détenues. Cela ne veut pas dire non plus cautionner de mauvaises attitudes des forces de police sur le terrain.

Pour un pays autonome qui à la fois sécurise et pése sur la vie économique
Je suis pour le nationalisme économique et pas seulement un nationalisme qui se bat pour la question du drapeau et du patrimoine culturel. On en a soupé des bienfaits de la mondialisation. Nous devons pouvoir réserver la préférence locale pour les marchés publics ! Comment accepter un jour de plus un statut politique qui empêche aux entreprises locales de prendre part à de gros chantiers comme l’hôpital de Guadeloupe ?
Oublions l’indépendance parce qu’elle n’est pas le muscle principal pour soulever les défis économiques. Elle ne donne aucune garantie que les décisions qui seront prises seront en faveur de la collectivité. De plus, la majorité des gens n’en veulent pas. Cela veut dire quelque chose. Il faut l’entendre. Nous ne sommes pas moins martiniquais ou guadeloupéen pour autant. Ce qui compte ce n’est plus l’indépendance mais un pouvoir politique qui nous permette d’avoir plus d’impact sur la vie économique. La langue est piégée donc appelons cela comme vous voulez. Le processus existe. La loi organique est là. Ce n’est pas un chat-an-sak. Une chose est sûre : les temps sont mauvais. Les ouragans économiques seront de plus en plus nombreux nous devons donc protéger la maison. Les grosses fortunes du pays qui se transmettent de génération en génération et qui pompent les mamelles du système doivent contribuer beaucoup plus. Je suis pour le retour de l’ISF et pour une taxation plus élevée sur leur fortune quitte à la rabaisser lorsque la météo économique sera plus clémente. C’est tout simplement de la justice fiscale. Durant la crise de 2008, ces fortunes n’ont pas maigri. Elles n’ont pas été les premières frappées par le chômage, au contraire. Nos gens l’ont bien compris même sans doctorat en économie ou en sociologie.
Je ne suis pas le seul mais je fais partie de cette nouvelle classe politique dont le logiciel idéologique a été rénové en observant, en vivant dans le pays, en écrivant, en admettant mon ignorance, en parlant avec des gens différents, en lisant, en regardant ce qui se passe ailleurs, en analysant les cycles historiques. J’ai l’impression que plusieurs listes l’ont compris mais une seule semble avoir vraiment imaginé comment faire concrètement et c’est celle conduite par Alain Plaisir. La conclusion est simple : La Guadeloupe et la Martinique ont besoin de plus de protection. Lorsque le mauvais temps va se calmer, on changera peut-être d’avis et de vision.

Steve GADET alias Fola
Écrivain et Maître de conférence

1 réflexion sur « Steve Gadet dit Fola : « Je vote pour la liste conduite par Alain Plaisir car le pays a besoin de protection… » »

  1. Un sursaut collectif est nécessaire en Guadeloupe, la société est malade et le RN distribue des tracts dans nos rues où cela va-t-il nous mener ?

Les commentaires sont fermés.