Soyons réalistes, changeons de mode de vie!

Pour éventuellement changer le monde ou tenter de l’améliorer,  » il faut faire l’effort de se changer soi-même ». C’est le sens général d’un beau texte que nous avons reçu à  Perspektives. Il évoque la transition au tout pétrole, mouvement crée par Rob Hopkins, anglais enseignant en « permaculture », parle de la responsabilité sociale des entreprises.

Un petit territoire comme la Guadeloupe, fragile, n’est-il pas l’espace idéal pour expérimenter des pratiques innovantes ? Ce texte est à  la fois idéaliste et très réaliste, pas moraliste en tout cas. C’est à  lire. Palabres.

Des milliers de pages ont été écrites : des rapports de commissions diverses et variées, des études, des romans, des pamphlets, des thèses, des mémoires, des éditoriaux, des lettres ouvertes, des articles de presse d’ici et d’ailleurs, par des politiques, par des intellectuels, par des philosophes, par des sociologues, par des économistes, par des juristes, par des psychologues, des témoins, des anonymes.

Des centaines de débats ont été organisés, des réunions, des colloques, des séminaires, des symposiums.

Cela ne date ni d’aujourd’hui, ni du 1er trimestre de l’année 2009.

Et cela continue.

Une inflation de mots.

De la réunionite aïgue, cause de flatulences verbales.

J’aime le verbe.

Le mot donné, le mot reçu.

Le mot dit.

Cependant, nous sommes à  la croisée de chemins d’un monde en mutation radicale sur tous les plans, o๠les idéologies comme les économies s’effondrent.

Peu de temps nous est imparti pour que le  » mot dit » ne se transforme en malédiction.

Nous ne pouvons pas continuer à  nous limiter à  l’échange d’idées.

A quand la définition d’axes stratégiques ?

A quand la mise en oeuvre d’actes concrets pour impulser les changements souhaitables ?

Pour changer sa vie, la vie, il faut faire l’effort de changer soi-même et garder en mémoire qu’ aucun de nous ne sait ce que nous savons tous ensemble. » (1)

Je ne veux pas faire de morale. Nous sommes tous responsables.

Comme dans la chanson de SOFT, je ne suis pas meilleur que d’autres.

Je ne vais pas refaire l’historique des liens sociaux distendus, de la solidarité perdue, du matérialisme devenu idéologie, de la surconsommation comme religion, de la disparition des valeurs qui sous-tendaient, il y a peu, notre quotidien.

Le constat est fait.

Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

Se recentrer encore davantage sur son nombril, son noyau familial ?

Accumuler encore plus de choses pour remplir le vide sidéral de nos existences ? Emigrer ?

Nous vivons dans une île minuscule.

C’est un atout.

Il est plus aisé de tenter l’expérimentation de nouveaux modes de vie et de pratiques innovantes pour 400 000 personnes que pour des millions.

Notre futur nous appartient. C’est à  nous de le définir.

Les priorités sont connues et incontournables : environnement et gestion de l’énergie.

Tout le reste en découle.

RETOUR VERS LE FUTUR

Pour préparer l’avenir, il est indispensable de mêler les savoirs « d’an tan (pas si) lontan  » avec les moyens et les savoirs d’aujourd’hui.

Des initiatives sont en bonne voie de réussite, notamment dans le secteur de l’élevage, du solaire.

Des expériences concrètes sont menées, ailleurs, depuis des années.

Elles fonctionnent (à  l’île MAURICE, en Europe, aux USA.)

Nous n’avons, par conséquent, pas besoin de  » réinventer la roue » mais seulement d’apporter les adaptations – qui correspondent à  notre culture et à  notre histoire – à  des outils existants et fiables.

Partir du plus petit niveau : lakou, quartier, section, commune, pour essaimer et créer un réseau qui pourrait couvrir peu à  peu toute la Guadeloupe.

Impulser, coordonner, structurer, tous ensemble, dans un système inclusif (c’est à  dire des personnes, des entreprises, des instances politiques, des associations), sans céder ni au culte de la personnalité ni à  l’appétence de certains pour le pouvoir.

Les outils sont là , à  notre disposition :

– le SEL, Système ou Service d’Echange Local, échange de savoirs, services et biens ( » Bay koko pou savon  » se limite aux biens) mesuré au moyen d’unités de valeur spécialement créées, sans recours à  l’euro (Tu montes mon meuble en kit, je donne un cours de soutien à  ton fils),

– la RSE, Responsabilité Sociale d’Entreprise, pour des TPME qui fonctionnent mieux parce qu’elles n’intègrent pas seulement la dimension économique,

– la Transition, mouvement mondial qui prend très au sérieux la fin du pétrole à  bon marché et le changement climatique, qui mise sur la résilience, à  savoir, la capacité d’un système (quartier, commune) à  résister aux impacts de son environnement extérieur et à  survivre par ses propres moyens. La transition propose des actions locales, participatives, avec une vision positive de l’avenir qui se basent sur des réalisations ou propositions concrètes.  » Globalement, le concept de transition fait appel aux idées, à  la sagesse, à  la créativité et aux expériences des citoyens ordinaires.  »

Des exemples d’initiatives de transition :

– jardins créoles, (re)plantations des vergers, cueillette de fruits non consommés (cf. initiative KAZAFWI de l’association KAZABROK), monnaie

– pour l’échange local, vélos en location en ville pour un co ût modique, pedibus (1 adulte emmène à  pied plusieurs enfants à  l’école à  partir d’un point de rendez-vous donné), ateliers ludiques pour les 3 R (réparer, réutiliser, recycler), covoiturage organisé, marchés pérennes de produits locaux, etc.

Tous ces concepts, ces outils ont pour but que tout le monde participe.

Utopique ? Non. Réaliste.

Personne, aucune loi, aucun statut ne changera notre vie à  notre place.

(1) Lao Tseu

– La mise en oeuvre de ces outils, sur lesquels je travaille depuis des années, n’attends que des (bonnes) volontés.