En Guadeloupe et ailleurs … Le pire serait que rien ne change

Plus rien ne sera comment avant … il faut réinventer le monde, c’est le début de la fin pour l’Occident et le siècle de l’Asie qui s’ouvre sous nos yeux … la pandémie qui a bouleverse la planète a produit une masse de commentaires faits d’espoirs, d’incantations, de pessimisme et d’utopie dont on ne connaitra la réalité – ou pas – que dans quelques années sans doute.
L’après covid sera-t-il l’occasion de rebattre les cartes de l’ordre mondial, à ce jour nul le sait, il n’y a que les experts de plateaux télés et de comptoirs pour se risquer à imaginer les contours précis de notre futur.

« Le pire serait que rien ne change« . Alain Plaisir, président du Cippa (1), mouvement politique qui depuis 10 ans milite pour un projet politique alternatif en Guadeloupe – visant l’autonomie et la fin de la départementalisation – reprend à son compte et applique à l’archipel guadeloupéen cette phrase de l’écrivain Erik Orsenna : » Ma seule terreur , c’est qu’on recommence comme avant ».
L’archipel guadeloupéen est une sorte de miroir grossissant des disfonctionnements liés à la mondialisation et au néolibéralisme, qui nient la personne humaine et ses spécificités pour faire de chacun d’entre nous des consommateurs/producteurs dociles soumis au diktat du grand marché mondial. La pandémie a redistribué les cartes mais qu’en restera-t-il dans quelques mois ?
A lire ci-dessous un texte d’Alain Plaisir qui explique pourquoi en Guadeloupe aussi, le monde d’après devrait être différent.

D.L

La crise du coronavirus est comme un appel à nous remettre en question. Il est surtout une formidable leçon d’explication politique.
par Alain Plaisir

Beaucoup de Guadeloupéens avaient, jusqu’à ce jour, du mal à comprendre :
– Que la décentralisation ne conférait à nos élus aucun pouvoir essentiel, ni en matière de santé, ni en matière économique,
– Que l’impuissance de nos élus était totale, en période de crise.
– Que les hauts fonctionnaires de l’ETAT ( PREFET , ARS) avaient complètement pris le pouvoir.
– Que la Guadeloupe dépendait totalement du pouvoir central, pour protéger sa population
– Que l’insularité qui pouvait être un atout nous permettant de prendre des décisions au plus près des citoyens, était abolie par un pouvoir central qui se trouve au-delà des mers..
– Que le tourisme de masse était porteur de plus d’inconvénients que d’avantages
– Qu’il fallait donner la priorité à l’agriculture et, d’une manière générale, à la production.
– Que notre insularité était abolie et que la Guadeloupe n’était qu’un appendice colonial ou encore une banlieue sous développée de Paris
– Que nous risquons la famine si les bateaux et les avions cargos n’arrivent pas avec leurs produits alimentaires
– Que le néo libéralisme qui développe la compétition entre les individus était en train de détruire ce qui nous reste de solidarité héritée de nos parents
– Qu’empêcher l’extension de grandes surfaces sur tout le territoire, au détriment des magasins de proximité ( lolos) , était un acte salutaire et une protection du lien social.
– Qu’empêcher la construction de golfs sur les terres agricole allait aussi dans le sens de la défense du Bien Commun
– Qu’il est nécessaire d’avoir des échanges avec nos voisins de la caraïbe qui ne limitent pas uniquement aux échanges culturels et sportifs
Enfin que la bonne volonté ne suffisait pas pour conquérir le marché intérieur et qu’il fallait absolument de nouveaux moyens juridiques pour tendre vers l’autosuffisance alimentaire. Donc, un nouveau statut qui nous confère le droit de protéger notre production
Tous ces thèmes ont été abordés depuis des années par le CIPPA, qui propose une Alternative économique et politique. Le programme est largement élaboré.
La voie existe, il faut l’emprunter.
Oui la PIRE DES CHOSES C’EST QUE RIEN NE CHANGE
NDLR
(1) Comité d’initiative pour un projet politique alternatif

4 réflexions sur « En Guadeloupe et ailleurs … Le pire serait que rien ne change »

  1. Cette prise de conscience est salvatrice. Merci pour cet éclairage qui nous donne toute légitimité pour un changement véritable.

  2. Ô combien c vrai. Tout est dit. Après à chacun de savoir si on veut que tout cela nous serve où nous desservent. Cette période de confinement était l’occasion de conquérir notre marché intérieur, véritable starting-block pour accéder à ce que prône le Coppa depuis des années. Bravo Mr Plaisir, vous avez tout dit ( quant bien même il reste bcp à dire)

  3. En effet le pire, c’est que rien ne change. il faut tirer des leçons de cette pandémie mondiale, pour inventer un monde plus harmonieux

  4. Alain Plaisir a bien raison de saisir cette occasion-là également pour attirer l’attention de tous sur les mesures à prendre pour enclencher le changement tant attendu pour la Guadeloupe. Ce n’est donc pas par hasard que » Perspektives » adhère à ces propos.

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