Développer une gestion " éclairée" des déchets, créer des emplois, protéger l'environnement c'est la refléxion que propose l'institut Rémy Nainsouta pour la Guadeloupe.
600 000 tonnes de déchets sont produits dont 95% sont enfouis ou mis en décharge. Peut-on continuer ainsi ? Une conférence-débat aura lieu le samedi 11 février de 8h 30 à 13h à la salle Georges Tarer ( Bergevin à Pointe à Pitre). En préambule voici quelques réflexion de Claude Edmond, président de l'institut, sur ce sujet.
Déchets et développement
l' exemple de
la Guadeloupe
" En règle générale, les communes et les structures intercommunales ne retiennent que les critères financiers dans la prise de décision concernant le choix du mode de traitement des déchets au détriment d'autres volets et notamment celui de l'emploi. Pourtant l"incidence en terme de créations d'activités et de compétences varie largement suivant le mode de traitement des déchets retenu. Ainsi pour 100 tonnes d'ordures ménagères recyclées on peut créer 250 emplois. Si elles sont incinérées entre 20 et 40 emplois, enfin si les d"chets sont simplement mis en décharge environ 10 emplois.
L'ensemble des secteurs économique est concerné et l'extension des filières dédiées est aussi un important le vier pour le développement des acteurs de l'économie sociale et solidaire. D'autant que les structures de l'économie solidaire ont été à l'avant-garde des activités de tri sélectif et de réemploi de matériels et d'équipement en fin de vie. Les projets initiés ont ainsi favorisé l'insertion sociale et professionnelle de personnes en difficultés et la protection de l'environnement. Emmaus ou les Restaurants du Coeur sont des exemples emblématiques.
Par ailleurs, le contexte législatif et réglementaire, les évolutions technologiques, la diversification des filières spécifiques permettent le développement d'emplois hautement qualifiés sur l'ensemble des secteurs d'activités des entreprises et des domaines de compétences des organismes publics.
Dans un territoire marqué par le sceau du chômage, le désoeuvrement de la jeunesse, une consommation effrénée, la raréfaction d'énergie et de matières primières, un environnement dégradé, le critère de créations d'emplois devrait être la priorité.
Parallèlement, la fiscalité constitue la principale recette en matière de collecte et de traitement des déchets. En effet, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) n'a aucun lien avec la production des déchets. A l'inverse de la redevance, la fiscalité n'intègre pas le principe du pollueur payeur et ne peut donc constituer un levier incitatif de nature à améliorer la prévention et le tri des déchets par l'usager. Seul un dispositif de financement qui permet à l'usager de bénéficier d'une baisse du montant de la taxe à acquitter peut l'inciter à modifier son comportement. Il est donc indispensable qu'il y ait un lien direct entre le comportement de l'usager et le niveau de paiement. Le nombre de levées du bac, le poids des déchets collectés, les sacs prépayés sont des critères appropriés pour atteindre cet objectif de stabilisation voire de réduction du tonnage total collecté combinée avec une hausse de la part valorisée.
De surcroît, les recettes annexes générées à partir du mode de traitement des déchets opéré peuvent réduire d'autant les contributions payées par les administrés. En effet, la valorisation énergétique (vente d'électricité, de chaleur, de biogaz), la valorisation organique (compostage des déchets verts et résiduels) ou le recyclage matière (vente de matériaux issus de la collecte sélective - plastique, verre, papier) constituent de potentielles ressources de substitution sinon complémentaires à la taxe ou à la redevance dâ??enlèvement des ordures ménagères."